• Eva

LE premier pas.


J'en avais toujours rêvé. À seulement 13 ans je me voyais déjà parcourir le monde, pour me prouver que j'avais la force, le courage, en tant qu'Être, de poursuivre mes rêves. Encore aujourd'hui il ne se passe une journée sans que ce rêve me traverse l'esprit. Que les images de la jungle défilent sous mes yeux, ainsi que les déserts. Je pourrais presque entendre le rire des locaux que j'ai si hâte de rencontrer, ou le silence d'une Nature majestueuse. Sentir l'odeur des milliers de saveurs dans les marchés, des saisons pluvieuses en Asie, d'une verdure saine et vivace. Je vois des couleurs, par milliers. Je vois tout ce qu'ill y a à apprendre, bien plus que n'importe quelle étude peut vous offrir. Je sais que dans cette vie je me sens bien, heureuse. Dans cette vie je suis forte, encore plus créative, encore plus cultivée, encore plus sûre de moi, plus spirituelle, plus, moi.


Ça n'a pas été facile pour moi d'attendre tout ce temps pour goûter ce qui n'est que la plus petite et minuscule bouchée d'une longue aventure. 18 ans, mettre fin à la procrastination. Entreprendre et accomplir ses objectifs, sa "légende personnelle". Bon je n'ai que quelques jours, et je n'y connais encore rien, que faire, je me lance ou pas ? Mais où ? Partir tout de suite à l'autre bout du monde aurait été inutile puisque cette expérience je veux pouvoir en profiter. Mais alors je me suis souvenue que les lointaines contrées n'étaient pas mon seul et unique rêve. J'ai repris ma liste

d'objectifs, et je me suis souvenue que des projets plus simples et plus faciles visaient à combler mon amour pour l'art et notre héritage culturel. Après avoir découvert les musées de Bruxelles j'eut l'idée de faire un tour d'Europe des musées, puisqu'il faut le dire, il y a de quoi voir. Plutôt que de faire tout ça d'un coup et attendre encore et encore, pourquoi ne pas étaler ce voyage sur mes années d'études ? À vrai dire je ne me voyais plus attendre, je ne peux rester à étudier sans prendre un peu de temps pour m'évader et vivre pleinement, enrichir mes passions. Alors c'est le moment. Mais il y a trop de villes à faire... Copenhague, Barcelone, Milan, Rome, Zurich, Munich, Cologne ? Puisque au delà des musées les villes européennes sont je pense à voir de toute évidence, nous avons la possibilité d'y aller si facilement, pourquoi passer à côté de ça ? C'est l'hiver, je veux un pays qui ressemble à cette ambiance hivernale. L'Allemagne ? Et pourquoi pas plus traditionnel encore ? Autriche. Vienne. Ça y est, j'ai trouvé. Je refais un tour dans ma liste de musées à faire et je m'aperçois alors que Vienne possède la liste la plus longue. D'accord, mon choix est fait.


Sur tout mon voyage, vraiment, l'étape la plus dure fut de choisir où partir. Je veux tellement tout faire que j'en ai le vertige. Je dois avouer que j'ai eu de la chance pour ce voyage car il était plutôt comme un cadeau pour mes 18 ans alors ma cagnotte "voyage" n'a pas maigrie. Mes


parents ont toujours eu peur de cette envie ardente que j'ai de parcourir le monde, ça se comprend. Mais ils savent que sans ça je ne serais jamais heureuse, alors ils m'ont dit, c'est bon, il est temps de commencer, le plus important est d'accomplir ses rêves et d'être heureux, et je ne les remercierai jamais assez d'avoir accepter ma raison de vivre.

Alors cet article n'est pas véritablement à propos de comment faire pour voyager seule, se débrouiller avec l'argent, puisque j'ai eu de la chance pour ce premier voyage. Et d'ailleurs je n'en ai pas honte, moi qui veut toujours tout faire au moindre coût possible, que l'on vous offre la possibilité de goûter à votre rêve sans en compromettre la suite, on ne doit pas se le refuser. Quand c'est le plus gros projet de votre vie, votre accomplissement qui se trouve pour récompense, on doit cesser d'avoir aussi peur de l'argent, de l'accepter, et juste être, reconnaissant. Si les personnes pensent qu'on le mérite, on doit juste être fier d'avoir été capable de leur prouver et exprimer toute notre gratitude.


Alors maintenant parlons du voyage en soi, et de l'expérience unique que cela peut être. Je vous parle bien entendu de mon expérience, et chacun est différent, alors retenez une seule et unique chose, c'est qu'une expérience doit se vivre en fonction de vos propres et uniques ambitions et votre façon d'être. Pour ma part cela commence par marquer sur une carte les endroits à faire selon des recherches internet ou dans des livres, et bien sûr les restaurants vegan à essayer. Une

fois que tout est sur la carte, j'ai juste à regrouper un peu tout ce qui se rapproche pour avoir vaguement une idée des journées que je pourrais faire. Je vous invite énormément à tout faire sur une carte plutôt que sur un portable ou un ordinateur, on se situe beaucoup mieux et surtout j'ai eu l'impression de vivre un voyage bien plus authentique refusant d'allumer mon portable ayant toujours ma carte à la main. Mais si votre séjour est assez libre, que vous restez toujours dans la même ville, je pense que s'attacher à un planning hyper précis, avec un timing pré-determiné vous écarte de l'aventure et vous empêche de vivre l'expérience pleinement. Le premier jour je suis arrivée plus tôt que prévu, alors plutôt que de faire que quelques endroits j'en ai rajouté d'autres, me libérant ainsi du temps pour les jours à venir et pourquoi pas faire encore plus de choses ! Et j'ai fonctionné comme ça chaque jour, bon, je dois avouer que je rentrais tétanisée tout les soirs tant je marchais refusant de prendre les transports pour voir la ville et tomber sur des endroits inattendus, puisque ça arrive toujours et c'est ce qui fera de votre voyage une expérience

différente de celle d'un simple touriste. Plutôt que de prendre les grands axes, passez par les petites rues. Plutôt que d'avoir peur de perdre du temps, arrêtez vous, regardez, admirez, profitez, respirez votre voyage. On s'en fiche du froid, vous ne le sentirez plus quand vous serez trop occupés à profiter. Vous êtes seul, pas de rendez-vous de prévu, personne à voir, c'est juste vous avec liste de choses qui vous font envie là où vous êtes, et vous êtes totalement libre de tout faire, d'en oublier, d'en faire plus, de changer d'avis, personne n'est là pour noter votre expérience. Partez à 8h du matin même si tout est fermé et rentrez à 21h parce que vous êtes fatigués, personne ne vous oblige à sortir boire un verre et rester jusque minuit. Et le lendemain inversez si vous voulez. Vous aviez mis votre réveil à 7h mais votre corps n'a pas assez récupéré, éteignez tout et rendormez vous.

Voilà ce que c'est de voyager seul, c'est d'être libre. Et dans une société où tout fonctionne sur une horloge, où l'on nous impose des choses à faire, où nous devons être disponibles pour les autres, où nous sommes dans la routine, chaque jour, laissant tout nos rêves de cotés, n'osant même pas en parler, prendre cette pause rien que pour vous est la plus belle façon de prendre soin de soi. Pendant cette semaine j'ai eu l'impression que le temps s'arrêtait, du moins, celui dans lequel j'ai l'habitude de vivre. Je ne fonctionnais plus sur des chiffres mais sur la lumière dehors. Personne ne pouvait me demander quoi que ce soit. J'étais rien qu'avec moi, m'offrant cette possibilité de vivre. Et si je pouvais vous faire ressentir ce que j'ai senti le soir où je suis rentrée, c'était juste...inexplicable. Même si maintenant je donnerais tout pour repartir, ce soir là ça m'était égal de rentrer chez moi tant j'avais la sensation d'avoir vécu une véritable expérience et tant j'en étais reconnaissante. Je me sentais un peu bête imaginant ce sourire que je n'arrivais à défaire. J'avais envie de courir, de danser, de crier, d'extérioriser cette joie que je ressentais. Moi qui avait perdu ma capacité à créer, j'ai attrapé mon carnet et fais le croquis de quelques souvenirs encore frais. Si vous saviez tout ce que l'on peut apprendre en seulement 5 petits jours d'une telle expérience. D'abord en faisant ces musées, me baladant dans les rues de la ville, j'ai l'impression d'avoir appris bien plus qu'en une année de lecture ou des années de scolarité. Mais le plus important c'est ce que j'ai appris sur moi. Sur ce que je voulais vraiment, sur comment mon corps et mon esprit fonctionnaient, je me suis découverte un peu plus. Plein de nouveaux projets, d'idées artistiques me traversent maintenant alors que j'avais tout perdu. Des nouveaux projets de vie. Et maintenant je sais, plus que jamais, que je peux les accomplir. Cette expérience aussi ridicule soit elle par rapport aux plus grands voyages que l'on peut faire, m'a de toute évidence fait évoluer, m'a rendue plus indépendante, plus sûre de moi, plus autonome, plus forte.

Chaque jour je recevais des messages de mes amis me demandant ce que je faisais, où j'étais, comment je faisais pour ne pas avoir peur, comment j'ai pu faire accepter cela à mes parents. Vous auriez vu la réaction de ma grand-mère quand on lui a dit que je partais seule... Et à toutes ces personnes j'ai répondu la même chose, que la peur ne fera jamais le poids face à l'ambition et

l'envie de réussir sa vie, je veux dire dans son vrai sens. Je mesure les risques, je me sens assez forte avec tout ce que j'ai pris le temps d'apprendre auparavant, je me suis préparée psychologiquement, à être heureuse tout simplement. On vit dans une inquiétude totalement illusoire passant nos journées à regarder la télévision et s'informant que sur ce qui ne va pas dans le monde. Certes, cela existe, il faut en avoir conscience, mais ça n'est qu'un minuscule pourcent de ce qu'il se passe réellement. On vous parle de quelques casseurs et meurtriers dans un pays, mais un pays contient des millions d'habitants. On nous empêche de profiter de toutes les opportunités qui s'offrent à nous, de voir la beauté de ce monde, et résultat, tout ne fait qu'empirer chaque jour. Mais personne ne peut vous empêcher de vivre votre rêve. Et chaque fois que j'en ai eu l'occasion, j'ai réalisé que tout ce que l'on m'avait dit était faux et que la vérité se trouvait au plus profond de moi.




Je ne veux pas que cet article devienne trop long alors je m'arrêterai ici. Je n'avais rien prévu, mais voyant mes amis me demander comment il était possible d'oser s'en aller seule, je me suis rendue compte à quel point il était grave de ne plus être éduqués au bonheur et à la foi en sa propre et unique personne. Nous nous sommes affaiblis. Et pourtant nous sommes si forts...Tout est possible, et je ne pense pas vivre dans un monde de bisounours croyez-moi. C'est justement pour garder foi en un monde dont on ne me raconte que du mal que je me suis donné l'objectif d'en découvrir les moindres secrets. Et maintenant que le plus gros projet de toute ma vie a commencé, je peux dire que je n'ai plus peur, du regret, de l'insatisfaction, je sais qui je suis et ce que je dois faire.



Prenez soin de vous, Eva.


(PS: toutes les photos de Vienne se trouvent sur mon site dans la catégorie Photographie>villes et morceaux de terre)








144 vues2 commentaires
  • Noir Pinterest Icône
  • Noir Icône Instagram
  • Noir Icône YouTube
  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon