• Eva

parce que ça ne sera jamais assez grave.

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez du apercevoir mes derniers posts qui abordent un tout nouveau sujet bien plus sérieux. Traversant des troubles du comportement alimentaires, j'ai enfin décidé d'en parler pour m'aider mais aussi pour aider les autres. J'ai d'ailleurs créé un groupe facebook destiné aux victimes de ces troubles, peu importe lequel en particulier, afin que l'on puisse s'aider, parler ensemble et se rencontrer. N'hésitez pas si vous êtes concernés à nous rejoindre, je vous mets ici le lien :

https://www.facebook.com/groups/696536964506920/?multi_permalinks=696668111160472&notif_id=1568876114995411&notif_t=feedback_reaction_generic&ref=notif

Mais je me suis rendue compte d'une chose, c'est que toutes les leçons, positives ou négatives que je peux tirer de la maladie, peuvent s'appliquer en réalité à n'importe qui. Étant une maladie mentale, vous en découvrez beaucoup sur votre esprit, sur votre égo, sur tout ce qu'il ne fonctionne pas dans notre société, notamment dans les modes de vie que nous adoptons en fonction de ce qu'elle nous vante et nous interdit. Et malheureusement, il y a tant à refaire... Et croyez-moi, la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, elle est très dangereuse.

C'est pourquoi j'ai décidé d'en parler, un peu plus comme de la prévention, et pour tendre la main à ceux qui sont entrain de chuter. Mais de ce fait, ces articles ne sont pas dédiés qu'aux personnes victimes de TCA, non, les leçons que j'ai apprises et que je vais partager nous concernent tous. Notre vie quotidienne, notre approche et conception de nous même, notre approche de l'amour, de l'estime de soi, notre courage, nos peurs, etc... J'espère vraiment que ces articles vous aideront, qu'ils nous aideront tous, à en découvrir plus sur nous même, à progresser, guérir, à nous rendre heureux, peut être un petit peu plus.

Et en premier, ce que je tenais à vous dire, c'est que oui, ne vous posez pas la question, c'est grave.

Parce que la pire des croyances que l'on puisse avoir quand l'on souffre, ce qui vous empêchera toujours d'avancer, et ce qui vous fera chuter, c'est de croire que notre cas n'est pas assez grave. Que nos problèmes ne sont pas graves comparé à ceux des autres. Que l'on est pas assez malades comparé aux autres. Que notre histoire n'est pas légitime. Que l'on a pas le droit de pleurer. Que l'on a pas le droit de chercher l'écoute. Que l'on ne sera jamais pris au sérieux. Cette peur que seul les autres puissent juger de la valeur de notre malheur, et ainsi déterminer notre propre valeur.

Toutes ces personnes, elles n'ont qu'un regard extérieur. Malheureusement, ou heureusement, ce qu'il se trouve véritablement au fond de nous demeure invisible, au point de le devenir à nos propres yeux. Si l'on ne cesse de sourire au monde, en disant que tout va bien, bien sûr que notre souffrance sera sous-estimée, insoupçonnée. Seul nous savons ce que nous ressentons, mais malheureusement, par peur d'égoïsme, tant que cette souffrance ne sera pas reconnue par les autres, nous refuserons de l'affirmer, nous la nierons, et elle grandira.

Le vrai problème, c'est que nous sommes incapables de reconnaître notre propre souffrance. ou du moins, nous la soupçonnons, mais nous lui tournons le dos, car nous en avons peur. Nous avons peur de cette faiblesse qui se trouve en tout être humain. Mais si à tout moment nous avons des doutes, si à tout moment nous avons la sensation que ça ne va pas, que notre manière d'agir n'est pas normale, si l'on se pose des questions, c'est déjà qu'il y a un problème, et il est impossible de dire le contraire. Le problème c'est que l'on est habitués à tout jauger, évaluer, et surtout, nous avons cette fâcheuse manie de toujours tout comparer à un autre cas. Mais arrêtons, ces échelles ne sont que des croyances, elles n'existent pas. Les sentiments et les histoires ne se comparent pas. Parce que pour certaines personnes, avoir telle apparence, agir de telle manière, c'est totalement normal et adapté à leur corps, leur être, leur croyance, mais cela ne l'est certainement pas pour vous. Et, oh mon dieu... Le nombre de fois, au contact d'autres personnes victimes de TCA, j'ai entendu dire que la souffrance était là, qu'elle était terrible, mais, que la sensation de n'être qu'un caprice, que cela n'était rien, prenait toujours le dessus. Et cela ne s'applique d'ailleurs pas qu'aux souffrances liées à une maladie. MAIS NON. LE SENTIMENT DE LA SOUFFRANCE, LA DOULEUR, C'EST GRAVE.

Pour illustrer cela à travers cette expérience que j'ai eu avec l'anorexie, voilà toutes les questions qui me hantaient l'esprit : Ai-je le droit à l'hôpital ? Mais elle elle est bien plus fine. Mais moi je n'ai pas fais de malaise. Je serais une perte de temps pour quiconque qui pourrait m'aider. Je n'ai pas ma place. Résultat, parce que inconsciemment je mourrais d'envie que l'on m'aide tant ça n'allait pas, la seule solution à laquelle je m'abandonnais était de toujours aller plus loin. Ça ne l'était jamais pour cette voix dans ma tête, mais pour mon corps, C'ÉTAIT ASSEZ GRAVE. Et ce, dès le premier kilo perdu. Et juste à cause cette phrase, "ce n'est pas grave", qui était la réponse à tout mes doutes, chaque jour, je me laissais faire, alors que dès les premiers kilos perdus, étant encore à poids très sain, j'étais déjà totalement fatiguée, physiquement mais surtout mentalement. 10kg séparent aujourd'hui ce jour où pour la première fois un médecin me disait de faire très attention car la maigreur était là, où mes proches commençaient à s'inquiéter. Pourquoi ? Parce que selon moi, ça n'était pas assez grave.

Pourquoi attendre constamment que les autres reconnaissent d'eux-même dans quel état nous sommes ? Pourquoi attendre que les autres nous disent qui nous sommes, quelle apparence nous sommes, dans quel état mental nous sommes, comme s'ils nous connaissaient mieux que nous-même ? Vous pensez vraiment que s'ils ne font pas le pas avant vous ils refuseront de vous écouter ? Imaginez que votre meilleure amie vienne vous voir en pleurant, qu'elle vous dis qu'elle souffre, qu'elle est convaincue qu'elle à un problème, que son quotidien la torture. Auparavant elle n'a jamais donné aucun indice pouvant confirmer ses paroles, elle ne présente aucun changement physique, cela sort tout droit de nulle part. Est-ce que vous lui fermeriez votre porte ? Refuserez vous de l'aider, ou ne serait-ce de l'écouter juste parce que elle pourrait mentir, "faire ses caprices" ? Non, je ne crois pas. Et c'est cela le problème de toutes maladies mentales, ou autres mal-être, c'est que rien n'est visible alors que nous vivons dans une société qui ne se base que sur ce qu'elle voit. Mais, le problème, c'est que l'on ne pourra jamais aller mieux sans l'écoute des autres, on a tous besoin d'être soutenus, peu importe ce que nous traversons, que ce soit une maladie ou la rupture d'une petite amourette d'une semaine. Et parfois, l'écoute doit se faire par des spécialistes, et c'est là que ça devient très difficile. Pourquoi faire perdre son temps à un psy qui est habitués à écouter des personnes qui souffrent terriblement plus que moi ? Si les autres n'ont pas vu que ça n'allait pas c'est que eux ne le verront pas non plus. Mais ce ne sont pas les autres qui ont besoin d'être écoutés ou soignés. Non, c'est vous, et uniquement vous. Alors pourquoi attendre désespérément leur avis ? Il n'y a que vous. Si tu ne vas pas bien, mais bon sang, qu'est-ce que t'attends pour l'admettre et au moins essayer d'en parler à quelqu'un ? As-tu vraiment envie de repousser chaque jour la chance de retrouver le sourire ? As-tu vraiment envie de repousser la chance de redevenir une personne "normale", libre ? Non, tu en meurs d'envie. Au fond de toi, tu veux de l'aide, tu veux aller mieux, tu veux rire, tu veux pleurer un bon coup, tu veux tout, sauf ce que tu vis en ce moment.

Et tu n'es pas une perte de temps.

Une des raisons pour laquelle nous sommes si imperméables à nos émotions et ressentis, c'est que l'on a une capacité incroyable à s'accoutumer à notre propre souffrance. Maintenant que j'y réfléchis, je me rends compte à quel point il est incroyable que nous soyons autant dotés de compassion pour les autres, que nous soyons capables de ressentir de la peine pour la moindre petite chose, mais de notre côté, que nous soyons autant capables de nous ignorer. On est incapables d'évaluer à quel point nous souffrons et pourtant on prétend que ce n'est sûrement rien comparé à d'autres. En réalité ça nous effraie. Alors plutôt que de faire face à notre réalité on préfère continuer, faire comme si de rien était. Mais en réalité, c'est en s'ignorant que l'on devient égoïste et non l'inverse. PARCE QUE CELA DÉTRUIS TOUT AUTOUR DE VOUS. Nous, on est capables de s'ignorer, on est incroyablement forts pour ça. Mais les autres, ceux qui souffrent en vous voyant souffrir, puisque cette souffrance n'est pas la leur, ils sont incapables de la surmonter. Vous voyez ce que vous ressentez quand vous voyez quelqu'un que vous aimez disparaître à petit feu ? Et bien c'est exactement ce qu'ils ressentent en ce moment. Et n'essayez pas de dire que non, parce que vous ne méritez pas autant d'attention, non, soyez honnêtes avec eux et avec vous même. Ceux qui vous entourent se retrouvent totalement impuissants face aux armes que vous avez déployées, et pour ce, ils ne peuvent même pas espérer voir votre situation changer. Non, vous avez gagné, vous les avez totalement démunis. Alors même si c'est avant tout à vous que vous devez pensez, ce dont je parlerai une prochaine fois, pensez un petit peu à ceux autour de vous puisque vous êtes incapables d'avoir de la pitié pour vous même. Car eux aussi n'assument pas leur souffrance, alors s'ils souffrent à cause de vous, ils mettront bien du temps avant de l'admettre, notamment par peur de vous faire culpabiliser, c'est un véritable cercle vicieux. Vous ne voulez pas vous sentir coupable, et eux ne le veulent pas non plus. Vous ne voulez pas vivre ça, et eux non plus. La souffrance est un virus terrible qui se répand sans se montrer. Alors quand vous avez la sensation que tout va bien, que vous continuez de sourire alors que cela sonne faux, l'autre sera inévitablement perméable au mensonge qui vient du plus profond de vous même, et alors que vous refusez de reconnaître vos émotions la personne en face de vous endossera cette souffrance à votre place. Elle souffrira même encore plus que vous, parce qu'elle vous verra prendre plaisir à vous ignorer et continuer.

Il y a des situations dans lesquelles, notre mental étant affecté, sous l'emprise de notre inconscient, de notre ego, nous sommes totalement dans l'incapacité de nous écouter. La voix qui se trouve dans notre tête devient alors totalement défaillante, fourbe, trompeuse, sans coeur. Alors il faut l'accepter. A partir de cet instant, il faut accepter de lâcher prise et d' ÉCOUTER LES AUTRES PLUTÔT QUE SOI-MÊME. Je peux vous dire que si je l'avais fais, si dès le premier jour j'avais accepté d'écouter la voix de mes proches me disant de faire attention à ce que je faisais, je ne serais pas allée bien loin et j'aurai pu en guérir très très très très vite. Alors faites confiance aux autres avant qu'il soit trop tard. ÉCOUTEZ LE COEUR DES AUTRES PLUTÔT QUE LE VOTRE. Et s'ils sont incapables de percevoir que vous n'allez pas bien, mais que ne serait le temps d'une seconde vous vous mettez à douter, à vous demander si il n'y a pas un problème en vous. N'attendez pas une seconde de plus et agissez immédiatement car les opportunités que notre esprit nous donne d'être en contact avec nous-même, d'être conscient, sont très rares et surtout très éphémères.

Alors bon sang, et surtout, mais surtout, par pitié, si vous avez un doute, agissez. Si vous ne vous sentez pas normal, parlez en. Si vous avez la sensation de ne pas être heureux, parlez en. Si votre corps vous devient douloureux, parlez en. Si vous ne vous aimez pas, parlez en. Si vous avez commis une erreur, parlez en. Si vous avez l'impression de vous détruire, parlez en. Parce que, OUI, VOUS AVEZ LE DROIT DE VOUS DIRE QUE VOTRE CAS EST GRAVE. Il ne ressemble pas aux autres, et alors ? Il est le votre. Chaque histoire est différente. Chaque réaction est différente. Chaque corps est différent. Chaque désir est différent. Chaque être humain est différent. Il y aura bien une personne qui acceptera de vous écouter. Il y aura bien une personne qui vous comprendra. Ne restez pas seule avec cette voix dans votre tête qui vous détruis entièrement. C'est bien trop dangereux. Autant physiquement que mentalement. Reconnaissez votre droit à l'écoute. Reconnaissez votre droit à votre propre reconnaissance. Cela n'est pas égoïste. Cela est humain. Vous n'êtes pas plus petit qu'un autre, vous êtes humain. Nous avons tous les mêmes droits, mais nous avons tous des histoires différentes. Et la votre, est celle qui compte.

Prenez soin de vous, je vous aime fort.

Si vous avez besoin d'une écoute, n'hésitez pas à me contacter, surtout, n'hésitez pas un seul instant.

Eiwa.

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